L'actu

Grand débat national : Emmanuel Macron maintient son cap et déroule son programme

En réponse à la crise des Gilets jaunes et à l'issue du grand débat, le chef de l'État a annoncé plusieurs mesures, le 25 avril.
 
Analyses et réactions de la CGT.
 

Après deux ans de mise à l'écart de la presse à l'Élysée, après plusieurs mois d'une crise sociale qui a mis des milliers de gilets dans les rues, après un grand débat national censé retisser des liens avec les Français, après l'incendie de Notre-Dame venu perturber le timing prévu comme un coup du sort, Emmanuel Macron s'est finalement exprimé, jeudi soir avril, devant près de 7 millions de téléspectateurs.

Et la montagne accoucha d'une souris… Car s'il a reconnu « avoir fait des erreurs » et même promis d'amender sa manière de gouverner, 63 % des Français n'ont pas été convaincus par sa prestation (selon une étude Harris Interactive/Agence Epoka). Particulièrement dans les rangs de la CGT.

« On peut résumer cela par “on ne change rien”, s'indigne Fabrice Angéi, responsable confédéral CGT. Nous avons un président qui dit que beaucoup a été fait, que le gouvernement travaille bien et que tout va bien. Si tout va bien, on se demande pourquoi il y a autant de mouvements sociaux dans les entreprises, les territoires, les gilets jaunes, pourquoi cette colère et pourquoi neuf Français sur dix demandent un changement de politique économique et sociale ».

Services publics

L'État doit « savoir s'adapter, être accessible à tous dans tous les territoires » a dit Emmanuel Macron. Et de souligner sa volonté d'« assurer l'accès aux services publics à moins de 30 minutes » et de déployer plus « de monde sur le terrain » pour « apporter des solutions ». Il a notamment annoncé la création dans « chaque canton », d'ici « la fin du quinquennat », d'un « endroit où on puisse trouver réponse aux difficultés qu'on rencontre », baptisé « France services ». « C'est une annonce bidon puisque ça ne peut pas entrer dans le cadre de la réduction des dépenses publiques sur lesquelles il maintient le cap, répond Fabrice Angéi, le problème c'est qu'on n'a plus les services publics en territoires. Les sous-préfectures, les centres impôts ont été vidés, il faut maintenant passer par des plateformes, etc. »

Faut-il croire le chef de l'État quand il dit que l'État doit « cesser la fermeture des services publics » et quand il se dit prêt à « abandonner », « si ce n'est pas tenable », la suppression des 120 000 postes de fonctionnaires d'ici la fin du quinquennat ? Il a en tous cas dit « ne pas vouloir fermer des écoles ou des hôpitaux. » « Insuffisant, mais ça prouve l'impact des luttes dans ces secteurs », conclut le syndicaliste.

Temps de travail…

« Quand je nous compare à nos voisins et aux autres pays de l'OCDE, on travaille moins rapporté à l'année », a asséné le président de la République. « C'est un florilège de fake news »,s'indigne le syndicaliste.

Et de citer les données de l'OCDE selon lesquelles le travailleur français a passé en moyenne 1 526 heures à son travail en 2016, loin devant son équivalent allemand (1 356 heures en 2017) et juste derrière le travailleur britannique (1 538 heures en 2018).

Un terrain qui permet au chef de l'État d'envisager un allongement du temps de travail à l'échelle d'une carrière. « C'est une opération d'enfumage puisque le Président dit à la fois qu'on ne bouge pas l'âge de départ en retraite, mais qu'on renforce la décote et qu'on met en place un régime par points qui va baisser le niveau des pensions. De facto cela entraîne des départs à la retraite au-delà de l'âge légal. Voilà comment on recule l'âge de la retraite sans le dire. »

Pouvoir d'achat, retraites

Cela dit, Emmanuel Macron a été obligé de reculer sur la réindexation des retraites. Précisons que c'est davantage un maintien qu'un gain du pouvoir d'achat. Regagner du pouvoir d'achat nécessiterait d'indexer toutes les pensions sur le salaire moyen, ce qui est l'une des 19 propositions de la CGT.

Quant au souhait du président de la République de garantir un « minimum contributif » de 1 000 euros à ceux qui ont suffisamment cotisé ou atteint l'âge du « taux plein », « cela correspond au seuil de pauvreté, balaie Fabrice Angéi. La CGT revendique un minimum vieillesse — c'est-à-dire alloué quand on n'a pas tous ses droits — à 1200 euros. De plus le régime par points annoncé par le gouvernement va en premier lieu pénaliser les précaires et les femmes. »

Source NVO : https://www.nvo.fr/emmanuel-macron-maintient-son-cap-et-deroule-son-programme/

Telechargement 7

La LDH et la CGT veulent voir le Conseil constitutionnel trancher sur l'usage du LBD, arme "dangereuse"

Un mois après le rejet de premières demandes de suspension en urgence de l’usage du lanceur de balles de défense (LBD), la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a demandé mercredi la saisine du juge constitutionnel sur le recours à cette arme controversée.

La LDH a attaqué, à travers une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), trois articles du code de la sécurité intérieure (L. 435-1 et L. 211-9) et du code pénal (431-3) qui régissent l’utilisation de cette arme, à l’origine de nombreuses blessures graves depuis le début du mouvement de contestation sociale des « gilets jaunes ».

La LDH considère que la loi « n’encadre pas suffisamment l’usage du LBD ».

« Cette absence d’encadrement permet l’usage de cette arme dans des conditions où elle ne devrait pas être utilisée, ce qui aboutit à un très grand nombre de dérives et de bavures. C’est contraire non seulement à la liberté de manifester, liberté fondamentale, mais aussi au droit à la dignité, au respect de l’intégrité physique », a déclaré Patrice Spinosi, l’avocat de la LDH.

Le rapporteur public, qui dit le droit et dont les avis sont généralement suivis, s’est opposé à la transmission de cette QPC au Conseil d’Etat. Il a notamment relevé que la loi prévoyait déjà un usage des armes « en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée » et estimé que la question de la liberté d’expression collective n’était « pas nouvelle » – un des critères de transmission aux « sages ».

Pour Me Régis Froger, avocat de la CGT, partie intervenante au côté de la LDH, « le Conseil constitutionnel s’est certes prononcé sur la liberté de manifester comme un pendant du droit d’expression collective mais pas sur la liberté de manifester à titre individuel ».

La CGT espère voir consacré un « droit constitutionnel de protestation », dans la logique du rapport de force collectif que sous-tend déjà les droits constitutionnels de grève et de se syndiquer.

Le Conseil d’Etat rendra sa décision dans les prochaines semaines.

Plusieurs associations ferraillent depuis des mois pour voir interdit le LBD 40, utilisé plus de 13.000 fois depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » mi-novembre, lors de manifestations où plus de 2.200 blessés ont été recensés parmi les manifestants, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Le 1er février, saisi en urgence par la LDH alors qu’enflait la polémique sur les « violences policières », le Conseil d’Etat avait rejeté les demandes de suspension du LBD, estimant que le risque de réitération « d’actes de violences et de destruction » rendait « nécessaire de permettre aux forces de l’ordre de recourir à ces armes ». La LDH a depuis déposé un recours au fond, qui sera examiné dans les prochains mois.

Ob b481e3 repression cgt info com

Source NVO : https://www.nvo.fr/filsocial/la-ldh-et-la-cgt-veulent-voir-le-conseil-constitutionnel-trancher-sur-lusage-du-lbd-arme-dangereuse/