RETRAITE

Réforme des retraites : Êtes-vous concerné par la réforme des retraites ?

Alarme
D’après les annonces d’Édouard Philippe ce mercredi, si vous êtes né avant 1975, vous échapperez à la retraite à points… mais pas à l’instauration d’un « âge d’équilibre » pour vous pousser à travailler plus longtemps. Explication.

Vous êtes né avant 1975

Vous pensez bientôt partir à la retraite en échappant à la réforme Macron ? Détrompez-vous : certes, le nouveau système de retraite par points ne s’applique pas aux personnes nées avant 1975. Mais, comme l’a rappelé Édouard Philippe dans son discours du 11 décembre, le gouvernement entend instaurer un « âge d’équilibre » afin de contraindre les Français à travailler plus tard. Ainsi, si la réforme est adoptée, à partir de 2027, si vous prenez votre retraite avant l’âge de 64 ans, vous subirez une décote sur le montant de votre pension.

NVO - La Nouvelle Vie Ouvrière, le magazine des militants de la CGT réforme des retraites

Vous êtes né entre 1975 et 2003

Si vous êtes né entre 1975 et 2004, vous basculeriez dans le système à points voulu par Macron en 2037 au plus tard. Vous conserveriez vos droits à la retraite acquis précédemment.

Et en plus du nouveau système, l’instauration d’un « âge d’équilibre » s’appliquerait également.

Vous êtes né en 2004 ou après

Dès le début de votre carrière, vous entreriez dans le système de retraite à points.

Source : https://nvo.fr/etes-vous-concerne-par-la-reforme-des-retraites/

Réforme des retraites : Les réactions de la CGT aux annonces du Premier ministre sur la réforme des retraites

Après les annonces d'Édouard Philippe, les syndicats et leurs dirigeants ont vivement réagi aux mesures annoncées. La fixation de « l’âge d’équilibre » à 64 ans étant la mesure qui fait le plus réagir des syndicats pourtant peu à la pointe du combat contre la réforme des retraites. Seul à avaliser ces annonces dans cette collection d’avis négatifs, le Medef y trouve une place logique, mais considère encore que le gouvernement a perdu du temps… Analyse à chaud du discours d’Édouard Philippe.

Philippe Martinez : « Le gouvernement s'est moqué du monde » 

« Le gouvernement s'est moqué du monde », a réagi Philippe Martinez qui « ne croit pas que les cheminots seront satisfaits » par le discours d'Édouard Philippe sur la réforme des retraites. « C'est surtout se moquer de ceux qui sont en lutte aujourd'hui et de l'opinion publique qui est largement défavorable à ce projet »

« Le gouvernement veut individualiser le système de retraite (…). Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable. »

Seul à le valider, le Medef qui y voit « un bon équilibre »

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a qualifié mercredi de « bon équilibre » les propositions présentées par le Premier ministre Édouard Philippe sur la réforme des retraites, tout en regrettant d'avoir « perdu six mois ».

« Du côté des entrepreneurs que représente le Medef, c'est un bon équilibre entre une réforme qui est redistributive (…) et la nécessité que tout ça doit être financé par quelqu'un et donc qu'il faut, quand c'est possible, qu'on travaille plus longtemps », a-t-il réagi après l'intervention du Premier ministre.

« Je pense que nous avons perdu six mois », a affirmé le président de l'organisation patronale, qui avait reproché lundi à l'exécutif son « manque de clarté » dans cette réforme.

Source : https://nvo.fr/les-reaction-syndicales-aux-annonces-du-premier-ministre-sur-la-reforme-des-retraites/

 

Réforme des retraites : Édouard Philippe a livré le contenu de la réforme des retraites

Discours philippe cese retraites

Le Premier ministre, Édouard Philippe, livre les détails de la réforme des retraites du gouvernement devant le Conseil économique, social et environnemental le mercredi 11 décembre 2019.

Le Premier ministre a présenté ce 11 décembre au Conseil économique social et environnemental (Cese) les grandes lignes de son projet de contre-réforme des retraites, avec notamment un allongement de l'âge de départ en retraite à taux plein. Il confirme un projet de régression sociale et la mobilisation sociale s'amplifie.
 

Après plus de vingt réunions en deux ans et six jours de grève et de manifestations, Édouard Philippe avait annoncé qu'il révélerait « l'intégralité » du projet de loi gouvernementale réformant notre système de retraite solidaire pour le remplacer par un système par points.

Ce 11 décembre, au Conseil économique, social et environnemental, il n'a fait que redire ce qui avait déjà été annoncé malgré une contestation au plus haut.

Citer, comme il l'a fait, l'esprit et les valeurs du Conseil national de la Résistance relève, à la fois, au regard de son projet de réforme, de la démagogie et de la provocation ; car ce qu'il confirme, c'est bel et bien un projet de régression sociale où chacun devra travailler plus longtemps pour des pensions au montant aléatoire.

Le projet de loi sera « prêt à la fin de l'année », soumis au conseil des ministres le 22 janvier et discuté au Parlement fin février. D'ici là, la mobilisation se poursuit, au point que la CFDT elle-même, pourtant favorable à un système par points, a dénoncé le plan gouvernemental et annoncé qu'une ligne rouge était franchie.

Travailler plus

Le Premier ministre a confirmé sa volonté de maintenir l'âge légal de départ en retraite à 62 ans, mais en créant un « âge d'équilibre » à 64 ans dès 2027, avec « un système de bonus-malus (…) qui incitera les Français à travailler plus longtemps ».

Ceux qui voudront prendre leur retraite à un âge raisonnable devront donc en payer le prix fort par une décote et des réductions de leurs pensions. Et ce, malgré le chômage qui frappe déjà les séniors ainsi que la précarité que subissent les jeunes arrivant sur le marché du travail.

Les plus jeunes trinqueront

Espérant diviser le mouvement et calmer la colère des moins jeunes, comme s'ils n'avaient pas d'enfants ou se désintéressaient de leur avenir, Édouard Philippe a annoncé des entrées différenciées dans son nouveau système.

Ainsi, les Français nés avant 1975 « ne seront pas concernés », la génération 2004 « qui aura 18 ans en 2022 » sera « la première à intégrer le système » et pour les autres « la transition sera très progressive », avec une partie de la retraite calculée selon le système actuel pour « la partie de carrière effectuée jusqu'à 2025 » puis selon les nouvelles règles pour le reste de la carrière.

Les plus précaires le resteront

Le nouveau système « permettra de mieux protéger les Français les plus fragiles », a affirmé Édouard Philippe, annonçant qu'il garantira « une pension minimale de 1 000 euros net par mois pour une carrière complète au SMIC ».
Ce qui n'est déjà pas beaucoup. Mais quid en outre des carrières hachées, des temps partiels imposés tout particulièrement aux femmes ? Précaires dans la vie active, ils et elles le seront donc plus encore à la retraite.
D'autant plus que c'est ce même gouvernement qui a fait voter la loi « mobilité » refusant aux travailleurs ubérisés des plateformes le statut de salariés et l'accès au droit du travail. Ou encore que trois jours avant la plaidoirie du Premier ministre, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, a clamé sur France 3 « Il n'y aura pas de coup de pouce au Smic au 1er janvier, en tout cas je ne le souhaite pas ».
 
Pour les enseignants : le flou est maintenu
 

Les enseignants le savent : ils font partie de ceux qui ont le plus à perdre avec la réforme gouvernementale, notamment parce que le niveau de leurs pensions serait calculé non plus sur leur traitement brut de base des six derniers mois d'activité, mais sur toute leur carrière, en dépit de niveaux de salaires très bas dans les premières années. Leur niveau de pension est donc mécaniquement amené à baisser.

Le Premier ministre a annoncé une garantie inscrite dans la loi selon laquelle « le niveau des retraites des enseignants sera sanctuarisé et comparable au niveau des retraites des fonctions ou des métiers équivalents dans la fonction publique », indiquant « nous engagerons avant la fin du quinquennat les revalorisations nécessaires pour maintenir le niveau des pensions » des enseignants, une revalorisation progressive commençant en 2021.

Mais son ministre de l'Éducation a évoqué 400 à 500 millions d'euros par an. Or, selon les chiffres du ministère, on compte plus de 1 145 000 de personnels dans l'Éducation nationale, dont 870 000 enseignants dans le primaire et le secondaire. Le calcul est donc vite fait…

Alignement par le bas

« Le temps du système universel est venu. Celui des régimes spéciaux s'achève », a également annoncé quasi triomphalement Édouard Philippe, qui a cependant confirmé que les pompiers, les gendarmes, gardiens de prison ou les militaires conserveraient les bénéfices liés à l'âge.

Certes, là où le locataire de l'Élysée avait proclamé qu'il ne voulait pas parler de pénibilité, son Premier ministre évoque la possibilité pour les « métiers usants » de partir « deux années plus tôt ».

Ce qui revient cependant à travailler plus longtemps que ce que permet aujourd'hui le travail permanent sous un tunnel pour les conducteurs de métro par exemple. Surtout, sa conception de l'égalité consiste à aligner l'ensemble des salariés sur le moins-disant social et non l'inverse. Curieuse conception de la justice sociale.

Les cadres pénalisés

Le gouvernement qui a supprimé l'ISF et maintenu le CICE, sans contreparties, veut aussi taxer davantage non pas les bénéfices des entreprises, mais les cadres. Ainsi, le taux de cotisation sera-t-il le même pour tous, mais les cadres qui gagnent plus de 120 000 euros par an devront payer une surcotisation.

« Partenaires sociaux » sous tutelle

Édouard Philippe a-t-il cru apaiser les inquiétudes sur la valeur du point, indexé sur les salaires, en affirmant que la gouvernance du système pour un « retour à l'équilibre financier » sera confiée aux « partenaires sociaux » (donc au paritarisme syndicats-patronat) dès l'an prochain ?

En réalité, c'est une mise sous tutelle qui s'annonce puisqu'il ajoute qu'ils seront sous contrôle du Parlement et que « si les partenaires sociaux s'entendent » sur la trajectoire financière voulue, « le gouvernement la prendra à son compte » ; sinon, il reprendra la main comme il l'a fait récemment sur l'assurance chômage où, faute d'accord, il a imposé une réforme drastique des règles d'indemnisation.

La mobilisation s'amplifie

« Les garanties données » justifient que la grève « s'arrête » a cru pouvoir proclamer Édouard Philippe à l'issue de sa présentation. Comme un manque de lucidité sur les exigences des salariés.
« Le gouvernement s'est moqué du monde (…) Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable », a réagi Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

Dans un communiqué, la CGT pour qui avec ce projet nous sommes « toutes et toutes perdants » et « la jeunesse sacrifiée » ajoute : « le gouvernement reste sourd aux exigences exprimées par les millions de salariés, jeunes, retraités, privés d'emploi, mobilisés massivement depuis des semaines et soutenus majoritairement par l'opinion publique.».

Cela « ne peut que confirmer la nécessité de renforcer la mobilisation », a abondé Force ouvrière qui voit dans le recul du gouvernement sur l'application de la réforme (de la génération 1963 à 1975) « une conséquence de la mobilisation exceptionnelle » engagée le 5 décembre.

François Hommeril, président de la CFE-CGC juge lui aussi la « réforme de plus en plus dangereuse ».

La CFDT elle-même, pourtant favorable à un système à points, considère que la ligne rouge est franchie. « Il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c'était le fait de ne pas mélanger la nécessité d'une réforme systémique (…) et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps, cette ligne rouge est franchie », a réagi Laurent Berger à l'issue de l'allocution du Premier ministre.

En clair, comme il l'avait préalablement affirmé, le passage à l'âge d'équilibre à 64 ans ne passe pas. Il a dénoncé une réforme « lestée par un angle budgétaire accru » et annoncé une réunion des instances confédérales le jour même pour « décider des actions dans les jours à venir ».

Laurent Escure, secrétaire général de l'Unsa, lui non plus pas opposé à un système par points, considère avoir « eu la désagréable surprise, qui est une ligne rouge pour nous, qui est la question de la mesure d'âge »

« Le mécontentement et la détermination restent entiers (…) On ne sait toujours pas ce qu'Édouard Philippe propose pour compenser la fin du calcul des pensions sur les six derniers mois », a réagi pour sa part Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU.

« S'agissant des revalorisations de carrière annoncées – qui oublient de nombreuses catégories professionnelles, comment accorder le moindre crédit à des interlocuteurs qui refusent systématiquement et depuis des années la moindre augmentation de la valeur du point, d'un coût pourtant nettement inférieur ? », demande l'intersyndicale de la fonction publique (CGT, FA, FO, FSU et Solidaires).

Chez les cheminots, l'Unsa ferroviaire juge le plan du gouvernement « pas à la hauteur de nos revendications ». « Là, je pense qu'on va dans le mur », a confirmé Bruno Poncet, secrétaire fédéral de Sud-Rail.

Et Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, considère que « les annonces du Premier ministre doivent encourager les salariés à renforcer la grève ».
Les réactions analogues se multiplient dans de nombreux secteurs, de l'énergie aux raffineries, dans le public et dans le privé.

 

Retraites : Débat Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites à la fête de l'Humanité

Le samedi 14 septembre 2019 à la Fête de l'Humanité, face-à-face entre Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, et Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites.

Animé par Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l'Humanité, et Sébastien Crépel, journaliste à l’Humanité.

RETRAITES : Une autre réforme est possible. Les propositions de la CGT

Deux français sur trois sont opposés à la réforme des retraites que prépare le gouvernement et 93% d’entre eux refusent la baisse de leur pension. C’est pourtant ce qui est envisagé, avec le régime par points préconisé par Emmanuel Macron et construit par Jean-Paul Delevoye.
 

L’entrée de ce dernier au gouvernement démontre d’ailleurs que c’est bien un projet Macron-Delevoye qui est en route avec, pour seul objectif, de nouvelles économies budgétaires sur « le dos » du monde du travail.

Le Premier ministre annonce une période de consultations alors que, depuis 18 mois, l’ex haut-commissaire Delevoye a bâti un projet sans prendre en compte aucune des nombreuses propositions de la CGT.

Il est indispensable d’augmenter le financement des retraites pour, d’une part, améliorer les pensions de tous les travailleurs et travailleuses et, d’autre part, revenir à un âge légal de départ à 60 ans. On vit plus longtemps aujourd’hui parce qu’on travaille moins longtemps. Changer cette tendance conduirait à l’effet inverse.

La CGT a chiffré les financements nécessaires en s’appuyant, par exemple, sur ce constat : plus les salaires et les pensions stagnent ou baissent, plus les dividendes versés aux actionnaires augmentent.

La relance de pseudos concertations, quelle qu’en soit la durée, dans la perspective d’échéances électorales à venir, sans volonté de changer radicalement le fond du rapport Delevoye, est inutile. Les questions essentielles sont en réalité, pour toutes et tous : « À quel âge je vais pouvoir partir et avec combien ? », « Combien d’années en bonne santé vais-je pouvoir espérer profiter de ma retraite ? »

Lors de la rencontre avec le Premier ministre, vendredi prochain, la CGT portera donc une nouvelle fois les propositions indispensables à une retraite assurant un départ de toutes et de tous à taux plein dès 60 ans.
Notre système actuel par répartition doit, certes, être amélioré pour prendre en compte la diversité et l’évolution du monde du travail actuel mais à qui fera-t-on croire que ce qui a été créé à la Libération dans un pays ravagé et ruiné par la guerre devrait se traduire, aujourd’hui, par une régression sociale dans une des plus grandes puissances économiques du monde ?

Ce qu’il faut, c’est un autre partage des richesses !

La CGT propose de renforcer la qualité des emplois, de garantir leur stabilité, d’améliorer le niveau des salaires et les conditions de travail. La retraite est bel et bien le reflet de la vie active.

La CGT exige des réponses immédiates sur des questions essentielles que le gouvernement se garde bien d’aborder.

  • La mise en œuvre d’une politique volontariste d’égalité salariale entre les femmes et les hommes, améliorant la retraite des femmes. Celle-ci est encore inférieure, à qualification égale en moyenne, de 20%. Cette décision permettrait d’abonder à hauteur de plus de 6 milliards d’euros  les ressources des différents régimes de retraite existants.
  • La validation de 3 années d’études, au moins, de formation initiale ou continue, de recherche du premier emploi ou période de précarité pour les jeunes qui, aujourd’hui, trouvent un emploi stable en moyenne à 27 ans. L’acquisition des droits par la jeunesse doit être assurée en partie par l’État, de même que ce dernier doit prendre en charge sa formation. L’autre partie doit être prise en charge sous forme de cotisations par les entreprises qui bénéficient de la qualification acquise par les salariés.
  • Le droit de travailler jusqu’à l’âge de la retraite. Moins d’un travailleur sur deux est en emploi à partir de 55 ans, alors que le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a triplé depuis 10 ans. Dans ce contexte, le gouvernement veut reculer l’âge réel de la retraite à 64 ou 65 ans… La CGT propose de mettre en place une véritable sécurité sociale professionnelle favorisant le maintien et le retour au travail entre 55 et 60 ans.
  • Elle exige la reconnaissance de la pénibilité au travail, avec l’aménagement des fins de carrière et un droit à un départ anticipé à la retraite à taux plein à 55 ans, voire 50 ans pour les métiers les plus pénibles. C’est la garantie d’une espérance de vie en bonne santé pour toutes et tous.

D’ores et déjà, la CGT appelle l’ensemble des salariés, les retraités et les privés d’emploi à se mobiliser, dès le 24 septembre, pour imposer une amélioration des droits à la retraite de toutes et tous, pour qu’urgence sociale et urgence environnementale se conjuguent au présent.

Montreuil, le 5 septembre 2019

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Retraite : la bataille reste à venir !

Le vaste chantier de la réforme des retraites a franchi un cap le 18 juillet dernier, quand le haut-commissaire a dévoilé ses préconisations après dix-huit mois de concertation avec les partenaires sociaux. Mais tout reste à faire pour défendre un système juste où tout le monde bénéficiera des mêmes droits.
 

Quelles sont les intentions réelles du gouvernement pour la réforme des retraites ?

Ce ne sont pas les annonces de M. Delevoye le 18 juillet dernier, après dix-huit mois de concertation avec les syndicats, qui ont permis de lever le flou. Seule certitude à ce jour : le gouvernement souhaite que l’application du nouveau système universel par points, qui a vocation à remplacer les 42 régimes existants, entre en vigueur en 2025.

Le calendrier de mise en œuvre s'oriente vers un projet de loi présenté en Conseil des ministres d’ici à la fin de l’année puis débattu au Parlement en 2020, avant ou après les élections municipales.

En attendant, la bataille à venir sur l’âge de « départ à taux plein à 64 ans» (distinct de l’âge légal), à laquelle tous les syndicats sont fermement opposés, rendra la concertation – qui reprend en septembre – difficile. D’autant que l’on ne sait rien sur le montant des pensions ou l’âge auquel chacun pourra partir à la retraite à taux plein. Ce qui est sûr, c'est qu'un retraité partant à l'âge légal de 62 ans, même avec une carrière complète, verra sa pension amputée d'une décote de 10 %.

La non-prise en compte des propositions des syndicats sur la pénibilité par exemple ou la référence à la carrière complète plutôt qu'aux 25 meilleures années risque aussi d’envenimer les débats.

Comme la valeur du point, qui n’est pas connue et dont la revalorisation n’est garantie par aucun mécanisme, Comment va-t-elle évoluer ? En fonction de l’inflation, des salaires, de la croissance, de l’espérance de vie ? Et qui en décidera ?

La CGT réclame des droits garantissant dans tous les secteurs professionnel, la possibilité d'un départ dès 60 ans et revendique de meilleures retraites par l'augmentation des financements qui reposent sur les cotisations sociales.

Pour l’heure seul « le blocage du niveau de financement des retraites et l’allongement de la vie active » apparaît comme une certitude. La CGT est convaincue que l'absence de ressources nouvelles, conjuguée à l'augmentation du nombre de retraités d'ici à 2050, entraînera un effondrement du montant des pensions d'environ un tiers.

La CGT appelle d’ores et déjà à descendre dans la rue le 24 septembre.

Source : https://www.cgt.fr/actualites/france/retraite/legislation/retraite-la-bataille-reste-venir

Retraites : Macron joue la montre, mais garde le cap de sa réforme

L’annonce par la ministre des Solidarités et de la Santé, du lancement « probablement la semaine prochaine » d’une nouvelle « concertation citoyenne » sur la réforme des retraites confirme le report après les élections municipales de l’examen d’un texte. Et témoigne aussi de l'embarras de l’exécutif devant les risques d’une confrontation sociale sur un sujet fondateur du pacte social.
 

« Nous attendons les retours de nos concitoyens sur les propositions qui ont été faites » par le Haut commissaire à la réforme des retraites le 18 juillet, a expliqué Agnès Buzyn. Une nouvelle étape donc dans le processus alors que Jean-Paul Delevoye avait lui-même mené une « consultation citoyenne » l’an dernier. Après des mois de crise sociale des gilets jaunes et de mobilisations diverses, Emmanuel Macron a donc renoncé à réformer les retraites par une manœuvre de sidération comme il a pu le faire en début de mandat sur la réforme du code du travail. Le calendrier avant l’adoption d’un futur texte semble devoir s’allonger « après les élections municipales, voire en septembre 2020 sur injonction du gouvernement », selon la délégation de la CGT qui a rencontré le Haut commissaire Jean-Paul Delevoye le 24 juillet. Ce temps long, jalonné de rencontres avec les organisations syndicales permet à l’exécutif de diluer le dossier sans permettre à l’opinion et à chaque citoyen de se faire une juste idée des impacts de la réforme sur sa future retraite et de réagir en conséquence. Il permet aussi au gouvernement de maintenir ses interlocuteurs syndicaux autour de la table afin de donner l’impression d’un dialogue social nourri.

Premières mobilisations catégorielles

Pas sûr que cette stratégie fonctionne car même si pour l’heure les grandes confédérations n’ont pas encore pris date pour une première riposte unitaire, CGT, FO, FSU, Solidaires ont mis à l’ordre du jour de leur intersyndicale une plate-forme commune revendicative. Évidemment, la consultation citoyenne n’a pas d’autre fonction que de leur couper l’herbe sous le pied en occupant le terrain médiatique ces prochaines semaines. Pas sûr non plus que cette diversion entame la détermination de plusieurs professions ou secteurs. Ainsi, d’ores et déjà des organisations d’avocats, infirmières et pilotes de ligne, hôtesses et stewards se disent prêtes à défendre bec et ongles leurs régimes spécifiques redoutant la disparition des 42 régimes existants dans un futur « système universel » et une décote pour ceux qui partiront avant un « âge d’équilibre » fixé à 64 ans. Le Conseil national des barreaux, appelle ainsi « tous les avocats (…) à une manifestation nationale à Paris » lundi 16 septembre. Les avocats redoutent ainsi « hausse conséquente des cotisations » prévue pour aligner ces libéraux sur les salariés du privé, et dénonce une « mise à mort économique« . Le Conseil national des Barreaux accuse les pouvoirs publics de vouloir « spolier la profession des réserves constituées » par la Caisse nationale des barreaux français (CNBF), (environ 2 milliards d’euros). Le principal syndicat de pilotes de ligne et six organisations d’hôtesses et stewards ont décidé d’agir également pour défendre le régime complémentaire des personnels navigants (CRPN) et ses 4 milliards d’euros de réserves financières. D’autres professions, notamment les médecins libéraux fourbissent leurs armes.

Les confédérations syndicales se préparent à un long bras de fer

Confronté à des ripostes catégorielles ou corporatistes, le gouvernement peut évidemment jouer la carte des oppositions comme il l’a fait de manière grossière en opposant les intérêts des cheminots à ceux des usagers dans le cadre de la réforme ferroviaire. La tâche lui sera plus difficile dans un cadre interprofessionnel animé par les centrales syndicales. Le calendrier et l’ampleur de la réforme imposent en effet aux syndicats un processus long d’information, de débat avec les salariés, tout en marquant l’urgence impérieuse du rapport de force en proposant crescendo des échéances de mobilisation. La CGT a lancé une consultation de ses syndiqués jusque fin septembre pour les associer plus largement aux décisions de mobilisations sur ce sujet comme sur d’autres, leur rythme, leur périmètre. Consultation des syndiquesconsultation-des-syndiques.pdf (275.3 Ko).

Elle a également lancé une formation des militants et animateurs de la vie syndicale sur la réforme des retraites et appelle à un premier temps fort interprofessionnel le 24 septembre, trois jours après que FO rassemble ses militants à Paris pour un meeting.

Emmanuel Macron fait tout pour s’épargner une nouvelle crise sociale, mais les risques que fait porter cette réforme des retraites pourront difficilement être écartés sans une confrontation.

Source NVO : https://www.nvo.fr/retraites-macron-joue-la-montre-mais-garde-le-cap-de-sa-reforme/

Réforme des retraites : Delevoye veut inciter à travailler plus longtemps

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Dans son rapport remis à Matignon ce jeudi 18 juillet, le haut-commissaire à la réforme des retraites propose que le futur « système universel » comprenne un « âge d'équilibre » de départ à taux plein adossé à un dispositif de décote et surcote. Il le fixe à 64 ans pour la génération née en 1963.

Après dix-huit mois de réflexion et de concertation, Jean-Paul Delevoye, le Haut-commissaire à la réforme des retraites, a remis son rapport au premier ministre ce jeudi 18 juillet. Ses recommandations sont censées servir de base au gouvernement pour élaborer le projet de réforme qu'il présentera au Parlement avant la fin de l'année et mettre ainsi en œuvre la promesse de campagne d'Emmanuel Macron : un nouveau « système universel à points » pour le calcul des pensions où chaque euro cotisé donnerait les mêmes droits à tous les Français « quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé ». Cela, sans toucher à l'âge légal minimum de départ à la retraite qui est fixé à 62 ans.

Un système par points dès 2025

Ce système par points doit être mis en place en 2025. Il remplacera les 42 régimes de retraite actuels, actant la disparition, à terme, des régimes spéciaux à quelques exceptions près comme les « uniformes » (armées…) et certaines catégories de fonctionnaires. Reste qu'au terme de la mission Delevoye de nombreuses zones d'ombre persistent et que la colère monte du côté des syndicats.

Il faudra travailler de plus en plus longtemps

Cette énième réforme des retraites devait être purement « systémique ». Le simple passage à un système par points était censé régler tous les problèmes de financement et les débats inhérents aux réformes « paramétriques » – liés à l'adaptation du système par répartition à l'allongement de l'espérance de vie – relever de l'ancien monde. Las ! Emmanuel Macron est revenu sur sa théorie : pour financer notre modèle social il faut travailler plus longtemps, estime-t-il désormais. Les assurés pouvant « toujours » partir à la retraite à l’âge légal minimum de 62 ans, le haut-commissaire propose donc de les inciter « au prolongement de l'activité ».

Pour cela il définit un « âge d'équilibre » de départ à la retraite à taux plein qui soit le même pour tous et assorti d'un dispositif de décote/surcote. Il préconise de le fixer à 64 ans pour la génération née en 1963, la première concernée par cette réforme, cet âge devant évoluer avec l'espérance de vie. Ceux qui partiront avant cet « âge d'équilibre » ou âge pivot, verront le rendement de leur retraite diminuer de 5% par année d’écart, quand ceux qui prolongeront leur activité bénéficieront d’un rendement majoré de 5% par an. Ainsi l’ « équilibre du système », sera garanti souligne M. Delevoye dans son rapport.

Central dans le nouveau système de retraite en préparation, ce dispositif est très contesté par les syndicats.
De plus, « avec les points, les pensions vont chuter de 10 à 30%, a calculé la CGT : les mauvaises années vont être comptabilisées (les plus petits salaires, le temps partiel subi, les périodes de chômage ou de précarité, etc.), en lieu et place des meilleures années actuellement. C'est donc bien une double peine pour les femmes, les malades ou invalides, les jeunes précaires ou les privés d'emploi ! »
Parmi ses autres préconisations, M. Delevoye propose un minimum de retraite égal à 85% du Smic net, contre 81% pour les salariés et 75% pour les agriculteurs actuellement.

Les mêmes dispositifs pour tous

Le système de retraite devenant universel les dispositifs de solidarité sont également unifiés.

Le haut-commissaire propose ainsi que les pensions de réversion versées aux conjoints survivants, le plus souvent des femmes, leur assurent 70% du total des retraites perçues par le couple.

Il suggère aussi de majorer les droits à la retraite de 5% par enfant dès la première naissance, contre 10% actuellement pour les parents de trois enfants et plus. Cette majoration sera attribuée par défaut à la mère ou être partagée entre les deux parents.

Encore beaucoup de flou

Les dispositions sont plus floues sur d'autres sujets comme par exemple les départs anticipés. Si le haut-commissaire affirme qu'un départ à la retraite « anticipé » restera possible pour les assurés aux carrières longues, métiers pénibles ou « les militaires et fonctionnaires ayant des fonctions dangereuses », il n'indique pas comment. En effet, l'âge de départ à la retraite à taux plein étant destiné a reculer au fur et à mesure que l'espérance de vie s'allonge, quels garde-fous seront prévus pour ces salariés ?

M. Delevoye assure aussi que le « niveau des retraites sera sécurisé dans le temps » car « la valeur du point ne pourra pas baisser » et sera revalorisée en fonction de « l’évolution des revenus moyens en France, plus favorable que l’inflation ». Le rapport indiquant que les pensions resteront revalorisées selon l’inflation la CGT fait observer dans son communiqué que « les pensions ne seront plus déterminées en référence aux salaires mais dépendront [donc] de la situation économique du pays », en d'autres termes, « la valeur du point au moment de la retraite sera tributaire de la conjoncture économique ou démographique ». Autre observation : le gouvernement avait déjà posé l'une des pierres angulaires de sa réforme des retraites dans la loi sur la croissance des entreprise (loi Pacte) avec des mesures destinées à relancer l'épargne retraite par capitalisation.

Le haut-commissaire annonce cependant un plan de longue haleine puisqu'il estime que la transition vers le système unique sera progressive et que les évolutions « seront achevées environ 15 ans après l’entrée en vigueur du système », en 2025, année où il « devra être à l’équilibre » financier.

Face à la «  réforme injuste et individualiste » défendue par le Haut-commissaire Delevoye, le 24 septembre la CGT se mobilise notamment pour « gagner de meilleures retraites » et « préserver et améliorer notre modèle social » .

Source : NVO https://www.nvo.fr/delevoye-veut-inciter-a-travailler-plus-longtemps/