L'actu

Saint-Agrève : à l'hôpital de Moze, une situation difficile « mais contenue »

David vercasson nous manquons de personnel et pas que dans le personnel soignant photo hopital de moze 1641556867

« La situation est contenue, mais le personnel est très sollicité depuis trop longtemps et même si tout le monde est présent, il nous faudrait des personnes supplémentaires. Mais malheureusement on ne trouve personne. » David Vercasson, le directeur de l’hôpital de Moze, espère que la tension va redescendre rapidement. Pour la partie Ehpad, il n’y a, pour l’instant, plus de cas Covid, mais les conditions de visites restent strictes, avec, pour les pensionnaires, une seule visite par jour, et une seule personne à la fois, munie d’un pass sanitaire.

Des patients Covid accueillis à l’hôpital

Pour la partie hôpital, l’établissement accueille des malades atteints de la Covid, qui viennent parfois d’autres établissements saturés.

Au niveau du personnel, tout le monde est présent, mais beaucoup sont obligés de faire des heures supplémentaires.

Source : le dauphiné libéré https://www.ledauphine.com/sante/2022/01/07/hopital-de-moze-une-situation-difficile-mais-contenue? utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3iyammI8RKpfC5p7yL9cTJaU8DF6FA3gfYT6dkN2cTX4PHmNS9W0u4zL0#Echobox=1641630084

Mobilisation de la Santé et de l'Action Sociale ce mardi 11 janvier 2022 à Privas (07)

Ce mardi 11 janvier 2022, journée de mobilisation de la Santé & l'Action Sociale CGT.

150 manifestants ont foulé le bitume du Conseil Départemental en direction de la Délégation Départementale de l'Ardèche de l'ARS AURA via la Préfecture...

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Syndicalisme : D’où vient-on ? Où en est-on ? Et où va-t-on ? (avec Stéphane Sirot)

Un petit cadeau pour cette nouvelle année pour toutes celles et tous ceux qui refusent de baisser la tête. Ci-joint une vidéo d’échanges avec Stéphane Sirot, historien, spécialiste du syndicalisme et des mouvements sociaux, afin d’apporter de la fraicheur, du dynamisme à notre réflexion et à notre engagement pour cette nouvelle année pour gagner des revendications qui portent des outils d’émancipation, travailler à une société plus juste et imaginer une société au-delà du capitalisme.

Sommaire de la vidéo :

0mn00s : La Loi de 1884 et la légalisation des organisations syndicales en France

4mn07s : Les objectifs de la classe dominante n’ont pas changé de 1884 à 2021

7mn46s : Le mot « Exclusivement » a particulièrement fait débat en 1884 pour tenter de « museler » les organisations syndicales

10mn40s : En quoi consiste le modèle CGT d’origine et comment il a évolué ?

19mn38s : Le leurre de la notion de « dialogue social » et l’offensive contre le modèle CGT

27mn57s : Les lueurs d’espoir et les enseignements de la mobilisation gagnante de 2006 (le temps de la mobilisation sociale, c’est le temps de la légitimité)

35mn09s : Depuis 2016, loin de tout sentiment de résignation, la contestation dans le pays est permanente et très forte… On note surtout une transformation de cette contestation voire même un enrichissement de cette panoplie conflictuelle

46mn04s : Quelles perspectives pour les années à venir ? Et quelle évolution du militantisme pour le futur proche pour gagner en efficacité ? Quelques pistes :

- le rapport de force doit primer sur le rapport de droit

- réinvestir l’idée de transgression

- fusionner militantisme et activisme

- penser un travaillisme révolutionnaire

1h00mn09s : Fin

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L’hôpital est au bord du gouffre !!

Malgré la pandémie, le démantèlement de l'hôpital public se poursuit. Les personnels, épuisés par deux ans de crise sanitaire et écœurés par les fausses promesses du « Ségur », sont à nouveau descendus dans la rue le 4 décembre dernier. Confrontés à une cinquième vague épidémique, ils entendaient dénoncer les fermetures de lits et les restructurations qui mettent à mal l'ensemble de l'offre de soins dans le secteur public.

Au centre hospitalier intercommunal Alençon-Mamers, dans l'Orne, les personnels sont à bout. « Notre hôpital part en lambeaux », écrit l'intersyndicale (FO-CGT). En grève pour empêcher la fermeture de services et dénoncer la dégradation de l'offre de soins, les agents poussent un cri de détresse. Depuis le début de la pandémie, les conditions de travail n'ont cessé de se dégrader, et les hôpitaux font face à une vague de mises en disponibilité et de démissions, sans que les services RH ne parviennent à recruter. « On manque de 43 équivalents temps plein à Alençon. Pour conserver l'ouverture de nos urgences à Namers, les infirmières ont accepté des heures sup et ont repoussé leurs congés. Mais les agents sont épuisés et en colère, la solidarité, ils en ont marre… », constate Pascal Lamarche, délégué syndical CGT des hôpitaux ornois où, depuis le début de la crise sanitaire, 38 lits de soins ont été supprimés à Mamers et 37 à Alençon. Malgré un recours accru à l'intérim et aux heures supplémentaires, environ 20 % des lits seraient fermés sur tout le territoire, estime par ailleurs le Conseil scientifique. Et de l'aveu même du gouvernement, le nombre de postes vacants chez les personnels paramédicaux serait en hausse d'un tiers depuis l'automne 2019.

Urgences saturées

À l'hôpital pédiatrique parisien Necker, des lits sont fermés faute de personnel et les urgences pédiatriques sont saturées. « C'est chaotique. Les collègues nous alertent sur le fait qu'ils sont rappelés sur leurs repos récupérateurs, ils découvrent qu'ils sont au planning du jour au lendemain. Ils se sentent méprisés et traités comme des pions », constate Marie-Rita Pokoudiby, DS CGT de l'hôpital. Et c'est toute la chaîne de l'hôpital qui est impactée par la saturation des services. « Le temps d'attente est passé d'une à deux heures à six-huit heures aux urgences pédiatriques. On déprogramme des opérations sur des petits, faute de personnels, avec des pertes de chances pour les enfants. Il y a un énorme malaise humain… », témoigne la déléguée. C'est moins la reprise du Covid que le manque d'attractivité de l'hôpital qui affecte les établissements. « Il y a une angoisse, une amertume et une grande colère chez les soignants. L'absentéisme est en hausse et on va avoir encore des départs. Les anesthésistes vont dans le privé pour des salaires deux à trois fois plus élevés. Plein de services d'urgences ferment temporairement ou définitivement dans les petits hôpitaux, alors qu'arrive la cinquième vague », alerte Philippe Bizouarn, médecin anesthésiste au CHU de Nantes et membre du Collectif Inter-Hôpitaux. Au CHU de Dole (39), la direction veut fermer le service de chirurgie d'urgence début 2022. « Le manque de personnel est un prétexte. La chirurgie d'urgence ne rapporte pas assez par rapport à la chirurgie ambulatoire. Mais les CHU les plus proches sont à 45 kilomètres. Si un accouchement se passe mal ou si on a un accident de la route, les patients qu'on devra opérer en urgence vont devenir quoi ? On va les laisser mourir ? » s'indigne Jean-Philippe Zante, secrétaire du syndicat de l'hôpital. Alors que la médecine de ville ne suit plus, les fermetures de petits services d'urgences entraînent un afflux dans les grands CHU. De 180 accueils par jour, les urgences de Rennes sont passées à 200 entrées en moyenne, avec une pénurie de personnel à gérer. « On se retrouve parfois seule avec vingt-cinq patients qui ont besoin de soins imminents, en témoigne ainsi une aide-soignante, un brassard “En grève” sur le bras. Les gens qui arrivent, on les prévient qu'ils sont là pour la journée. On fait des examens à des patients sur des brancards, dans les couloirs. Quand on craque, on va dans les toilettes pour pleurer… Si ça continue on va avoir le dégoût de notre métier. »

Maltraitance institutionnelle

Face à la cinquième vague, l'état d'esprit des soignants n'est plus le même qu'au début de la pandémie. L'absence de reconnaissance a beaucoup découragé. « Ils ont donné de leur personne et sont essorés », constate Virginie Fachon, déléguée CGT du centre hospitalier intercommunal des vallées de l'Ariège (09). Ici comme ailleurs, les fausses promesses du « Ségur » ont déçu. « Ce n'était pas la reconnaissance attendue. 183 euros d'augmentation, c'est dérisoire… » fait savoir la DS. La gestion gouvernementale calamiteuse de la crise sanitaire porte une lourde responsabilité dans la fuite des personnels, fatigués de se sacrifier depuis tant d'années. « Ils ont l'impression de ne plus avoir les moyens de bien faire leur travail, déplore Céline Claude, DS à l'hôpital de Lons-le-Saunier (39). L'obligation vaccinale a été la goutte d'eau. Après les avoir applaudis, on les a montrés du doigt. D'où leur colère. » Parmi ceux qui ont été suspendus, beaucoup ne souhaitent plus revenir. « Une collègue aide-soignante partie travailler à l'usine m'a dit : quand je sors à 21 heures, à 21 h 05 je suis dans ma voiture et j'ai tous mes week-ends. J'ai gagné en sérénité… », confie la déléguée. Une désaffection qui ne se limite pas aux personnels en poste, les étudiants aussi font défection. D'après le gouvernement, 1 300 étudiants infirmiers auraient ainsi démissionné depuis 2018. « Ce chiffre est sous-estimé. Les étudiants ont été très sollicités lors de la crise, au détriment de leur formation. Et les personnels n'ont pas le temps de les encadrer dans les services. Certains sont écœurés et préfèrent arrêter… », déplore Mathilde Padilla, présidente de la Fédération nationale des étudiant·e·s en soins infirmiers (Fnesi).

Privatisation rampante

Le 4 décembre, dix organisations syndicales – excepté FO et la CFDT, signataires du « Ségur » – ont appelé aux côtés des collectifs Inter-Blocs et Inter-Urgences à des rassemblements pour réclamer des moyens pour l'hôpital et demander l'arrêt des fermetures de lits. « On a atteint un effet de seuil, le système est en train de s'effondrer. On a traversé la crise du Covid car les personnels ont tenu, les étudiants ont interrompu leurs études, les retraités sont revenus… Sauf que tout le monde est épuisé et on a 150 000 à 200 000 infirmiers qui ont abandonné le métier », analyse Christophe Prudhomme, porte-parole CGT et membre du Collectif Inter-Hôpitaux. Pour l'urgentiste, « il y a une stratégie du gouvernement de laisser le champ libre au privé lucratif. Avec un hôpital public dégradé, qu'on gardera juste pour les pauvres. » Pour contrecarrer ce projet, la coordination réclame une revalorisation des salaires et la création de 100 000 emplois. « Pour que ça change, il va falloir de grosses mobilisations. On va avoir besoin du soutien de l'interpro, de nos UL, de toute la population », affirme Asdine Aissiou, DS à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Et pas uniquement aux balcons et fenêtres pour une énième salve d'applaudissements.

Source : https://nvo.fr/lhopital-est-au-bord-du-gouffre/

Sage-femme : une profession déconsidérée

Sages femmes

Malgré une revalorisation salariale concédée par l'exécutif et l'ajout d'une sixième année de formation, les sages-femmes poursuivent leur mouvement avec l'appui de la CGT. En crise, le secteur exige de meilleures conditions de travail et la reconnaissance du statut de praticien hospitalier.

MobilisationAprès avoir organisé une semaine noire entre les fêtes de fin d’année, les sages-femmes seront à nouveau mobilisées en même temps que les IADE (infirmiers anesthésistes) du 7 au 13 janvier. La fédération CGT de la santé et de l’action sociale a déposé un préavis de grève dans ce sens.

Après onze ans passés en salle de naissance dans le public, Cindy a fini par « jeter l'éponge » et quitter le milieu hospitalier. « On s'épuise, on dépasse nos gardes, avec toujours moins de personnels et un système où on oublie l'humain. Mais accompagner des femmes au travail, c'est aussi de l'écoute. Et ça, la tarification à l'activité ne le quantifie pas. J'ai deux filles, jamais je ne leur conseillerai ce métier… », regrette-elle. En novembre, la profession a organisé une série de « week-ends noirs » afin de dénoncer le déficit de reconnaissance d'un métier très féminisé et les problèmes d'effectifs. « On a du mal à recruter, on perd des collègues qui partent dans le libéral ou démissionnent, avec aussi beaucoup d'abandons d'études chez les étudiants, déplore Camille Dumortier, présidente de l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF). Il y a une vision idéalisée du métier. Mais on réanime des enfants en mort apparente, on s'occupe des patientes en hémorragie… On gagne 30 000 euros par an pour cinq ans d'étude, avec 1 400 heures de plus que les dentistes. On est la profession médicale la moins bien payée… »

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Des avancées en trompe-l'œil

Le 22 novembre, un protocole d'accord prévoyant une revalorisation de 500 euros et l'ajout d'une sixième année d'étude a été signé par trois organisations syndicales. Des avancées en trompe-l'œil qui n'ont satisfait ni la CGT ni l'ONSSF, qui appelaient à la poursuite du mouvement fin décembre et réclament pour la profession l'obtention d'un statut de praticien hospitalier. Car en réalité, les 500 euros incluent les 183 euros net du Ségur, auxquels s'ajouteront 243 euros de prime d'exercice médical et… 78 euros seulement de revalorisation de grille. « C'est un coup de com, estime Laurent Laporte, secrétaire de l'Union fédérale des médecins, ingénieurs, cadres et techniciens (Ufmict-CGT). Elles [les sages-femmes, ndlr] voulaient une revalorisation indiciaire, elles ont eu une prime qui n'entrera ni dans le calcul de la retraite ni dans le congé maternité. Cette profession subit une discrimination de genre. » Ces mesures ont aussi mis en colère les sages-femmes du privé qui ont été écartées de la prime. Céline Morais, sage-femme à la clinique toulousaine de La Croix du Sud et gréviste, ne décolère pas : « On gagne déjà 25 % de moins que nos collègues du public, relève cette militante, qui dénonce des conditions de travail devenues intenables. En salle de naissance, on est une sage-femme pour trois à quatre patientes. On est obligées d'imposer la médicalisation, car on ne peut pas gérer la douleur. Chaque accouchement peut connaître un problème, ça nous met une grosse pression. Face à un juge, c'est notre responsabilité médicale qui est engagée. Par rapport aux risques qu'on prend et notre niveau de compétences, notre salaire est nettement insuffisant… » Le mouvement n'est pas près de s'arrêter.

Source : https://nvo.fr/sage-femme-une-profession-deconsideree/

"Forfait urgences" : un nouvel obstacle à l'accès aux soins

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La CGT lance une pétition contre la mise en place d’un forfait payant pour les passages aux urgences sans hospitalisation. Un disposition qui, dans un contexte de crise sanitaire et d’explosion de la pauvreté, marque un nouveau recul pour l’accès de tous aux soins.

Alors que toute notre attention est fixée sur la capacité de notre système de santé à absorber le choc de l’épidémie de coronavirus, la loi de financement de la Sécurité sociale de 2021(PLFSS) ce donne comme objectif de réaliser plus de 800 millions d’euros d'économie sur l’hôpital.

Une mesure punitive

Parmi les mesures préconisées, le gouvernement met en place, sans concertation, une « participation forfaitaire » pour chaque passage aux urgences dès lors que celui-ci ne serait pas suivi d'une hospitalisation. Ça mise en place va  impacter 80% des patients qui passent par les urgences. Il remplace l’actuel ticket modérateur laissant à la charge du patient 20 % du coût de ses soins qui seront pris en charge par la complémentaire de santé… enfin pour ceux qui en ont une.

Double peine

Pour les 5% de français qui n'ont pas de complémentaire santé (...  plus de 3 millions de français), cette décision risque d’aggraver un peu plus le renoncement aux soins. Compensant souvent les insuffisances de la médecine de ville, les urgences hospitalières étaient, jusqu’alors, la garantie d’être soigné quelques soient ses moyens. Cette disposition crée un nouvel obstacle à l’accès aux soins et rogne un peu plus sur le principe de solidarité de la Sécurité sociale.

Mauvaise réponse à un vrai problème

Les malades ne peuvent être rendus responsables du manque de médecins de ville ou de recours possibles à des soins de proximité qui les obligent à se rendre dans les services d’urgence. C’est pourquoi, pour la CGT « le gouvernement doit renoncer à la mise en place de ce scandaleux forfait urgence». C’est dans ce sens que la CGT a lancé une pétition contre la mise en place du “forfait urgences” à faire signer et à partager avec les salariés et les usagers.

Petitionenligne

Le Sénat en passe de priver les lanceurs d’alerte d’une réelle protection au mépris du droit européen

Senat hemicycle scaled

Le 15 décembre 2021, la commission des lois du Sénat a examiné la proposition de loi déposée par le député Sylvain Waserman sur la protection des lanceurs d’alerte. Cette proposition, issue de plus de deux années de mobilisation de la société civile et adoptée à l’unanimité des groupes politiques en première lecture à l’Assemblée nationale, porte en elle l’espoir d’un réel renforcement des droits des lanceurs d’alerte. Or, les propositions des sénateurs, instrumentalisés par les lobbies agricoles, ouvrent la voie à des régressions extrêmement inquiétantes.

Alors que ce 17 décembre signe la fin du délai de transposition de la directive protégeant les lanceurs d’alerte votée par l’Union européenne en 2019, la commission des lois du Sénat propose de revenir tant sur des droits acquis par la loi Sapin 2 et la directive que sur les avancées contenues dans la proposition de loi du député Waserman. Un dynamitage du projet de loi qui, non content de mettre en péril l’adoption d’un texte avant la fin de la mandature, revient sur les fondements même de la loi Sapin II votée en 2016. Et ce, en violation flagrante de la directive de 2019 qui prévoit explicitement que le processus de transposition ne peut conduire à amoindrir la protection dont les lanceurs d’alerte bénéficient déjà en droit interne.

À la veille de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, peut-on sérieusement envisager que la France ne respecte pas ses engagements européens en adoptant de telles dispositions ? Elle se doit au contraire donner l’exemple.

Le Sénat envisage en effet de restreindre considérablement le champ des personnes susceptibles d’obtenir une protection. Seuls les lanceurs d’alerte ayant dénoncé des violations du droit, ou de l’objectif poursuivi par ces règles de droit, pourront être protégés, alors que la loi Sapin 2 protège toute personne signalant ou révélant une « menace ou un préjudice grave pour l’intérêt général ». Avec cette définition, un lanceur d’alerte comme Antoine Deltour, qui a révélé l’optimisation fiscale agressive des multinationales, se verrait refuser toute protection. Dénoncer les effets désastreux et le manque d’informations sur une substance chimique, un médicament autorisé sur le marché, tel que le Médiator ou la Dépakine, pourrait ne pas entrer dans la définition de l’alerte et priver les lanceurs d’alerte en question de moyens de se défendre. La définition, à rebours de la loi Sapin 2, restreint également le droit d’alerte au cadre professionnel – excluant ainsi l’usager, le patient, le client ou le simple citoyen qui étaient auparavant protégés.

C’est ici l’essence même du droit d’alerter qui est menacée : celle de stimuler le débat d’intérêt général et faire évoluer les mentalités et les législations lorsque ces dernières accusent un retard sur les aspirations des citoyens.

Le texte proposé par la commission des lois propose par ailleurs de supprimer la protection des associations et syndicats « facilitateurs d’alerte ». Or, lorsqu’elles apportent leur aide au lanceur d’alerte, les associations et les syndicats jouent un rôle essentiel. Ils permettent de préserver son anonymat, donnent des moyens supplémentaires d’agir, des expertises, des ressources… dont il ne dispose pas à lui-seul. Priver les organisations de protection constitue une atteinte grave à l’efficacité de celle accordée aux individus. Cette suppression expose pleinement les associations et syndicats accompagnant les lanceurs d’alerte aux représailles et intimidations de la part des employeurs. Au risque, en bout de course, de les dissuader de réaliser leur mission et de priver ainsi les lanceurs d’alerte d’alliés indispensables.

Enfin, alors que la loi « Waserman » prévoyait une procédure permettant de rompre la précarité financière des lanceurs d’ alerte en permettant au juge de forcer les étouffeurs d’alerte à verser au lanceur d’alerte une provision pour faire face aux frais de justice, le Sénat vide largement le mécanisme de sa substance. D’une part, les étouffeurs d’alerte pourront échapper à leurs obligations en invoquant le fait que la mesure prise à l’égard du lanceur d’alerte était « dûment justifiée », ce qui ouvre la voie aux dérives. D’autre part, la provision ne sera plus acquise définitivement : les lanceurs d’alerte n’ayant pas eu gain de cause devront rembourser cette dernière. Avec une telle épée de Damoclès au-dessus de la tête, qui se risquera à la demander ?

Outre ces reculs, nombre des propositions du Sénat violent directement les exigences de la directive de 2019 sur la protection des lanceurs d’alerte. Qui plus est, alors que la directive permet aux lanceurs d’alerte de saisir la presse en premier lieu en cas de danger imminent ou manifeste pour l’intérêt public, le texte issu de la commission exige désormais que le danger soit à la fois manifeste, imminent et d’une gravité suffisante, ce qui restreint considérablement le droit de lancer l’alerte auprès du public, au risque de priver les citoyens d’informations fiables sur des sujets d’intérêt général, en contradiction avec la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Il ne s’agit là, hélas, que d’un aperçu des reculs envisagés par le Sénat. Alors que le texte adopté à l’unanimité par l’Assemblée portait l’espoir d’une réelle amélioration de la protection des lanceurs d’alerte, celui proposé par la commission des lois du Sénat présage de reculs inédits, de nature à porter gravement et durablement atteinte à l’effectivité du droit d’alerter. Le risque est de dissuader les lanceurs d’alerte de jouer leur rôle de vigie démocratique et, en conséquence, de laisser des atteintes graves à l’intérêt général se produire en silence.

À ce titre, la Maison des Lanceurs d’Alerte et les organisations qu’elle a réunies resteront mobilisées jusqu’à l’issue du débat parlementaire, et exhortent le Sénat et le gouvernement à tout faire pour, a minima, rétablir le texte dans sa version issue de l’Assemblée nationale et adopter dans les plus brefs délais cette proposition de loi. En outre, nous invitons sénateurs et gouvernement à se saisir pleinement des propositions formulées par notre coalition pour améliorer encore davantage ce texte.

Contact presse : presse@mlalerte.org / 07 86 27 76 90

Source : https://mlalerte.org/le-senat-en-passe-de-priver-les-lanceurs-dalerte-dune-reelle-protection-au-mepris-du-droit-europeen/

 

Revaloriser les métiers du soins et du lien aux autres, une urgence !

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Poussée de fièvre revendicative sur les salaires dans tous les secteurs

Augmenter salaires

Le 13 décembre 2021, la CGT tenait à Montreuil une conférence de presse en présence de représentants de différentes professions unanimes sur la montée des exigences salariales. Concomitamment, les agents de la Sécu étaient en grève unitaire pour exiger la revalorisation de leur point d'indice.

Les revendications salariales émergent avec une force inédite dans de nombreuses professions. Poussée de l'inflation, explosion des prix de l'énergie, non reconnaissance des qualifications et des responsabilités, l'économie censée repartir après deux ans de pandémie se heurte à des obstacles inattendus ; des pénuries de main d'œuvre dans certains secteurs comme le BTP ou l'hôtellerie-commerce-restauration, secteur qui a tant souffert au cours de ces derniers mois. Lors de la conférence de presse qui se tenait à Montreuil le 13 décembre 2021, Benjamin Amar, responsable du collectif confédéral CGT sur les salaires  s'étonne que le patronat n'ait pas identifié une source évidente du manque d'attractivité de ces professions : « la faiblesse des salaires ». Et selon lui, ce ne sont pas les 100 euros « versés une seule fois, et payés avec les impôts plutôt que par les employeurs » qui vont résoudre le problème. Et le syndicaliste de rappeler les deux axes majeurs que défend la CGT en matière salariale : le SMIC à 2000 euros et l'égalité femmes/hommes. Un troisième outil est aussi mis en valeur avec la revalorisation automatique des grilles salariales avec l'augmentation du SMIC. En effet, les augmentations successives du SMIC ont conduit a un effet de dépassement des premiers niveaux de qualification dans plusieurs professions, d'où un tassement des grilles témoin de l'importante baisse de pouvoir d'achat.

Un grand succès chez Leroy-Merlin

Présent à la conférence de presse, Romain Cousin délégué syndical CGT de Leroy-Merlin, relate comment les salariés de la chaîne se sont récemment mis massivement en grève avec la prise de conscience de l'augmentation pharaonique des profits du groupe. « Il y a eu quatorze jours de mobilisation chez nous qui sommes les salariés de la deuxième ligne, et ainsi nous avons obtenu des revalorisations significatives, y compris sur la question des grilles puisque le premier niveau de salaire est par exemple passé de 1645 euros à 1710 euros ».

Multiples mobilisations dans l'agro-alimentaire

Autre secteur soumis à l'obligation de continuité de production durant la pandémie, les salariés de l'agro-alimentaire. Maryse Treton, de la FNAF CGT témoigne d'une situation tout aussi alarmante sur les salaires avec des premiers niveaux de qualification eux aussi passés en dessous de la valeur du SMIC dans de très nombreux secteurs de cette industrie où « les salaires sont inférieurs de 20% à ceux des autres industries ». Et de dénoncer l'incroyable explosion des profits et des stocks financiers engrangés par le patronat durant la crise pandémique dans des métiers où unitairement « chaque salarié crée en moyenne 85000 euros de richesse. » D'où les revendications d'un autre partage de la valeur ajoutée et une liste impressionnante d'entreprises où les actions se multiplient pour les salaires ; Bénédicta, Heinz, Bigard, Bergams, Pasquier, Labeyrie, LDC, Monelez, Tipiak (et d'autres encore) et par exemple Nord'Pain où les salariés ont arraché 65 euros d'augmentation après la création de la CGT et douze jours de grève.

Les cheminots aussi mécontents

Laurent Brun, secrétaire de la fédération CGT des Cheminots devait lui aussi faire part du mécontentement des salariés de la SNCF quant au partage de la valeur ajoutée : et de noter que celle-ci revenait à 78,9% aux cheminots en 2011, contre seulement 63,5% en 2019. « Et nous en sommes à sept ans de gel des salaires » dénonce le leader syndical.

Point gelé dans la fonction publique

Autres laissés pour compte de la soi-disant embellie économique, les salariés de la fonction publique territoriale. Emmanuel Curling représentant du syndicat CGT de la profession dresse un tableau désastreux de dix ans sans hausse du point et de gel des salaires. « On subit une perte de 17% de pouvoir d'achat. La situation est particulièrement désastreuse pour les petits salaires et les agents de catégorie C. Même en passant les concours, nous constatons qu'il n'y a plus d'évolution de carrière possible puisqu'avec l'écrasement des grilles un nouvel arrivant touche le même salaire qu'un salarié ayant 20 ans d'ancienneté. Nous assurons des services de première nécessité, mais nous n'avons aucune reconnaissance. »

Les agents de la Sécu sur le pied de guerre

Manifestation pour les salaires dans les organismes Sociaux devant UCANSS, Montreuil 13 décembre 2021

Parmi les intervenants à la conférence de presse, Nadine Leclerc, secrétaire de la fédération CGT des organismes sociaux pouvait parler aussi de l'extrême mécontentement des 130 000 agents des différentes caisses de Sécurité sociale. Ces derniers étaient précisément en cours d'action dans toute la France pour exiger la revalorisation de leurs salaires. Au sortir de la conférence de presse, elle s'est immédiatement rendue à l'UCANSS (à quelques centaines de mètres du siège de la CGT), où au moins 300 agents de la région parisienne étaient rassemblés avec tous les syndicats de la Sécurité sociale. Ainsi que nous l'annoncions, l'appel national unitaire à la grève des agents de la Sécu a été fortement suivi dans de nombreuses caisses de la Sécu. Un premier coup de semonce, avertit la CGT qui est désormais entrée de plein pied dans la campagne pour la revalorisation des salaires.

Source : NVO

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Paroles de soignants : dans la rue pour défendre l'hôpital

A l'appel de 80 syndicats, collectifs et associations d'usagers, les soignants sont de nouveau descendus dans la rue samedi 4 décembre 2021 pour réclamer un plan d'urgence, une reconnaissance de leur métier, des embauches. Alors que la cinquième vague d'épidémie approche, les soignants surfent sur les désillusions et l'épuisement. L'hôpital public semble au bord de l'effondrement.

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Paroles de soignants et de citoyens.

Guillaume, infirmier Samu à l'hôpital Raymond Poincaré, Garches (Hauts-de-Seine)

« J'exerce mon métier avec passion »

« Récemment, un médecin régulateur a dû contacter une trentaine de services pour accueillir un patient atteint du Covid, faute de places dans les hôpitaux d'Ile-de-France. Nous risquons la saturation dans les jours qui viennent. La crise sanitaire n'a fait qu'exacerber les maux dont souffrent l'hôpital public, le manque de personnel. On est au bord de l'implosion, des services, des lits sont supprimés faute de soignants. On n'est absolument pas reconnu sur le plan salarial. Par exemple, quand on travaille de nuit en 12 heures, on est payé 6 euros de plus. Résultat, 40% des postes de nuit ne sont pas couverts. L'hôpital de Garches devrait fermer d'ici 2028 pour fusionner avec celui d'Ambroise Paré, avec à la clé une nouvelle suppression de lits. J'exerce mon métier avec passion, j'aime ne pas être enfermé dans un service, cette montée d'adrénaline que procure l'urgence, la nouveauté. Un jour, on débarque dans un appartement de 300 mètres, le lendemain dans une chambre de bonne. Je travaille à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris depuis 1998, je ne suis pas certain d'y rester encore longtemps.

Ouarda Bennacer, cadre de santé à la Pitié Salpêtrière, Paris

« J'ai l'impression de dégrader du dégradé »

Je gère trois unités de pneumologie depuis onze mois. Je ne sais pas ce que c'est que de travailler en mode normal. J'ai débarqué dans une organisation déjà très dégradée, j'ai l'impression de dégrader du dégradé. C'est la suffocation. Certaines journées, j'ai l'impression d'être schizophrène, je navigue entre des consultations, l'endoscopie, l'hôpital de jour, l'exploration fonctionnelle et je dois trier les urgences managériales. Ma mission première, aujourd'hui, est d'assurer la survie des plannings ! Les équipes de soignants sont déjà tellement réduites que le moindre arrêt nous désorganise complètement. Une infirmière est en burn-out, une autre est en congé maternité, une troisième en arrêt maladie. On n'arrive pas à les remplacer faute de suppléance. La situation est pire concernant les infirmières spécialisées.

« On a cru que la vie d'avant ne serait pas la vie d'après »


Aurélie Langlet, infirmière anesthésiste diplômée d'état à l'hôpital Ambroise Paré, Boulogne-Billancourt

Il faut avoir minimum deux ans d'expérience professionnelle, compléter notre diplôme d'infirmier par une formation spécifique pour exercer notre métier, équivalent à un bac+7. Et pourtant, entre un infirmier non spécialisé et un infirmier spécialisé IADE, il y a 13 euros de différence. Au bout de cinq ans comme IADE, mon salaire brut est de 2280 euros bruts. Les IADE sont en grève depuis le mois de novembre car le gouvernement refuse de reconnaître leur pratique avancée. Notre métier risque de disparaître, faute d'attractivité. Pendant la pandémie, des blocs ont fermés, des opérations ont été déprogrammées pour que nous allions prêter main forte en réanimation. On a ressenti une forte cohésion entre les professions, on a vraiment cru que la vie d'avant ne serait pas la vie d'après. Et puis, nous voilà de nouveau dans la rue, on avait l'espoir d'être enfin reconnu, c'est la désillusion. Le Segur de la santé est une fumisterie. Notre système de santé est en train de mourir.

Évelyne Bourgeois, agent de service hospitalier au CHU de Rouen

« Ce qui me fait tenir, c'est qu'on reste très solidaires entre collègues »

Durant la pandémie, on n'a pas compté nos heures, aujourd'hui, on en subi le contrecoup, l'absentéisme s'est aggravé. On fonctionne en sous-effectif. En gériatrie, 46 lits ont fermé faute de médecins, de soignants. Le personnel a ordre d'envoyer les patients à leur domicile ou en soins de suite le plus rapidement possible et on apprend leur décès quelques temps après. Ou alors, les patients stagnent aux urgences faute de places dans les services adaptés. Ce qui me fait tenir, c'est qu'on reste très solidaires entre collègues, avec les infirmiers, les aides-soignants. Et puis, j'aime le relationnel avec les patients.

« La tarification à l'activité conduit à des aberrations »

Julien Gaudric, membre du collectif inter hôpitaux, chirurgien à la Pitié Salpêtriere Paris

L'hôpital public se fait torpiller depuis des années, on a jamais été aussi proche de l'effondrement. Si en dépit des vagues d'épidémie, les gouvernements refusent d'investir massivement, c'est qu'il y a une vraie volonté de le piller. Du fait du manque de personnel infirmiers, un tiers des blocs opératoires est fermé, des services tels que la chirurgie cardiaque, la neurologie, sont très affectés. Durant la première vague, on avait réussi à se débarrasser des tâches administratives qui nous empêchent d'exercer, pour se consacrer au soin. Et puis, retour à l'anormal, à l'hôpital Mac Donald's, avec des procédures reproductibles et encombrantes. Faute de secrétaire médicale, les médecins se retrouvent à taper les courriers, répondre au téléphone… On compare souvent le chirurgien au pilote. Sauf qu'on a jamais vu un pilote convoyer les bagages dans la soute en cas d'absence de personnel spécifique. La tarification à l'activité conduit à des aberrations. Un médecin peut par exemple être incité à privilégier un mode de consultation par rapport à un autre car quatre fois mieux tarifé. L'hôpital récupère de l'argent sur le dos de la Sécurité Sociale dans une logique simplement gestionnaire. L'administration le justifie en expliquant qu'elle va pouvoir embaucher du personnel grâce à ce surcoût.

Pascal Bignon, membre du collectif Audace 53, collectif de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, Mayenne

« Notre territoire rural est un désert médical »

Notre association s'est mobilisée récemment contre la fermeture de la chirurgie conventionnelle à l'hôpital, ce qui aurait probablement conduit par la suite à la fermeture de la maternité. Notre territoire rural est un désert médical, j'ai mis huit mois à décrocher un rendez-vous chez un cardiologue, on manque d'ophtalmologistes, de médecins de villes. Les urgences sont congestionnées car les gens ne savent pas où aller. Dans la Sarthe, département voisin, un homme est mort faute d'avoir été pris en charge à temps. Ma fille, qui travaille à l'hôpital est sans cesse rappelée sur ses congés. Heureusement que papi et mamie sont là pour garder la progéniture. Les gens sont préoccupés de la situation à l'hôpital. Pourtant, le sujet ne semble pas passionner les candidats de droite à la présidentielle pour qui la santé est un coût. Point barre.

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