REFORME DES RETRAITES

Reforme des retraites : Le système des retraites est-il vraiment déficitaire ?

La conférence de financement organisée par le gouvernement afin de trouver 12 milliards d’euros pour financer sa réforme des retraites sans augmenter les cotisations, ni baisser les pensions risque bien de déboucher sur une impasse. Raison pour laquelle, la CGT et  FO ont décidé de s’en retirer. Dès son ouverture, l’économiste Michael Zemmour enseignant chercheur en économie à l’université Paris 1 y avait apporté la démonstration que le chiffrage des 12 milliards de déficit brandi par le gouvernement était factice.
 

Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Michael Zemmour développe son argumentation et esquisse des pistes de financement. Il valide notamment les propositions de financement des revendications de la CGT pour une réforme comportant, notamment, un retour à 60 ans de l’âge de la retraite. Des  perspectives qui seront au cœur de la « contre-conférence » sur le financement des retraites organisée le 24 mars prochain au Conseil économique, social et environnemental par les organisations de l’intersyndicale nationale toujours mobilisée contre la réforme.

Source NVO : https://nvo.fr/entretien-avec-leconomiste-michael-zemmour/

Réforme des retraites : la menace du 49.3

L’examen du projet de loi pour la réforme des retraites a commencé le 17 février à l’Assemblée nationale. Depuis, le gouvernement menace de recourir au 49.3 pour passer en force, tandis que l’opposition multiplie les amendements.
 

Pressé par l’Élysée d’accélérer l’adoption de la réforme, Édouard Philippe ne cache plus la possibilité de recourir au 49.3, un article de la Constitution qui permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée nationale sur un texte de loi.

Le projet de loi est alors considéré comme adopté sans vote, sauf motion de censure votée par l'Assemblée nationale : « Le 49.3 est une responsabilité du Premier ministre. Si je considère que c'est comme cela qu'il faut avancer, je prendrai mes responsabilités », a-t-il déclaré, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Violemment réprimée dans la rue, la contestation a été portée dans l’hémicycle. Les députés de l’opposition ont déposé 41 000 amendements et sous-amendements pour permettre de débloquer du temps de parole et ainsi permettre le débat parlementaire face à un gouvernement qui n'a pas su écouter les partenaires sociaux ni les milliers de manifestants dans la rue. Cette réforme, est toujours décriée par 72 % des Français, selon un sondage BVA publié le 21 février.

Dans ce contexte politique et social, et à l’approche des élections municipales, menacer de recourir au 49.3 est un nouveau signe de la fébrilité du gouvernement et de son mépris du débat démocratique.

Pour Philippe Martinez, brandir cette épée de Damoclès est un « aveu d’échec » « Ce 49.3 est une façon de continuer à se moquer des Français, et de l'opinion publique qui est depuis des mois et des mois contre cette réforme très majoritairement. »

Pour nous, le combat continue, contre les reculs démocratiques et les attaques menées contre notre système social.

Le 27 février, la CGT organise une nouvelle journée de défense des libertés syndicales afin de continuer à faire connaître et reconnaître les entraves au droit de manifester et au droit de grève ainsi que les graves préjudices subis par des représentants des salariés dans le cadre de leurs activités.

Par ailleurs, de nouvelles journées de mobilisation et d'actions contre la réforme des retraites sont déjà prévues du 5 au 8 mars à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes.

Montreuil le 26 février 2020

 
 

Réforme des retraites : Le Conseil d'État critique le projet de loi retraites. « Sans surprise » selon la CGT

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a accueilli « sans surprise » l’avis critique du Conseil d’État sur le projet de loi retraites. « Une réforme floue » et « seulement argumentée par le besoin de faire des économies ».
 

« J’ai accueilli l’avis du Conseil d’État sans surprise », dit Philippe Martinez dans une interview à L’Humanité publiée lundi. « Cela fait des mois que l’on dit que le gouvernement s’apprête à faire passer une réforme floue, non fondée et seulement argumentée par le besoin de faire des économies », ajoute le numéro un de la CGT.

« Il est demandé aux députés de signer un chèque en blanc »

« Le Conseil d’État confirme donc qu’il est demandé aux députés de signer un chèque en blanc », selon lui. Philippe Martinez estime qu’il est « encore temps pour le gouvernement de retirer son projet de loi et de discuter sur un projet plus juste et plus solidaire ».

Saisie le 3 janvier, la plus haute juridiction administrative française a critiqué le choix de recourir à 29 ordonnances, ce qui « fait perdre la visibilité d’ensemble », et a pointé des projections financières « lacunaires ».

« Ça va être une grande première dans la Ve République : on va demander aux députés de se déterminer sur un texte dont la moitié des choses importantes est renvoyée à plus tard », relève  Martinez. « Cette loi “simple et juste”, personne n’y comprend rien », a-t-il ajouté.

Le Conseil d’État souligne également que le projet de loi « intervient dans un contexte de relative solidité du système français de retraite, en raison notamment des réformes des années récentes qui ont permis de sécuriser son financement ».

Matignon ne sait pas compter

La CGT a réagi sous la forme de l’ironie à l’avis du Conseil d’État dans un communiqué intitulé « Allô Matignon ? On a encore un problème ? », et publié en fin de journée. « Allo Matignon ? On a un problème : il est où votre système de retraite plus simple et plus juste ? », écrit la CGT. « Allô Matignon ? On a un problème: Quand vous vous engagez solennellement à ce que l’examen du projet de loi se fasse dans des conditions normales puis que vous décidez finalement une procédure accélérée, vous nous prenez pour des quiches ? », ajoute le syndicat.

À propos du recours à 29 ordonnances : « Allô Matignon ? Le respect de la démocratie c’est vraiment pas votre truc non ? » Quant « aux projections financières lacunaires » relevées par le Conseil d’État, le syndicat demande : « Allô Matignon ? Alors on ne sait pas compter ? »

« Allo Matignon ? »Lire le communiqué de la CGT

Source NVO : https://nvo.fr/filsocial/le-conseil-detat-critique-le-projet-de-loi-retraites-sans-surprise-selon-la-cgt/

Réforme des retraites : Détermination face au mépris gouvernemental, pour le 6e jour de mobilisation contre la réforme des retraites

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Manifestation bi-départementale 07 - 26 (Valence) : 12 000 manifestants contre la réforme des retraites, le 16 janvier 2020

La journée du 16 janvier a été un nouveau point d'orgue de la mobilisation entamée le 5 décembre par l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC, Unef, MNL, UNL) contre le projet de réforme des retraites du gouvernement. Les organisations syndicales appellent à amplifier la mobilisation d'ici le 24 janvier prochain, le jour où le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres, « afin d'obtenir le retrait de ce projet et l'ouverture de véritables négociations ».

Après quarante-trois jours de grève reconductible dans plusieurs secteurs et de mobilisation intersyndicale, la détermination de la majorité des travailleurs à rejeter le projet de réforme de retraites gouvernemental demeure intacte. La mobilisation s'est poursuivie les 14, 15 et 16 janvier et, à nouveau, des dizaines de milliers de travailleurs, de jeunes, de retraités ont manifesté dans toute la France à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC, Unef, Mnl, Unl) pour la 6e journée de mobilisation interprofessionnelle depuis le 5 décembre. À Paris, la CGT a revendiqué quelque 250 000 manifestants derrière une banderole portant le slogan unitaire « Retraites à points : tous perdants, retraite à 60 ans : tous gagnants ! ».

« Malgré les annonces du Premier ministre et après six semaines d'un mouvement social inédit, dont nous nous félicitons, la population soutient toujours majoritairement la mobilisation contre ce projet absurde et injuste (60 % de soutien, au baromètre Harris Interactive du 14 janvier) », constate l'intersyndicale.

La mobilisation s'élargit

Partout, de nouveaux secteurs professionnels entrent dans le mouvement, sous des formes diverses : grèves reconductibles de trois jours, grèves de deux heures quotidiennes dans de plus petites entreprises…

L'inventivité des salariés est au rendez-vous, certains, en hommage aux danseuses qui ont présenté le lac des Cygnes sur le parvis de l'Opéra Garnier à Paris, revêtant à leur tour des tutus, d'autres jetant leurs robes d'avocats devant leur ministre de tutelle ou leurs cartables d'enseignants dans un rectorat, ou bien encore confectionnant des bâtonnets géants destinés à un Exécutif volontairement sourd aux exigences de la majorité de la population. D'autres encore organisent de nuit des défilés aux chandelles.

Le gouvernement méprise la démocratie sociale

Méprisant les organisations syndicales ensemble majoritaires, la majorité des salariés, de l'opinion publique, et la mobilisation sociale, le gouvernement continue à se dire déterminé à faire passer sa réforme de régression sociale, niant du même coup la démocratie en général et la démocratie sociale en particulier.

En jeu pour lui : réduire la part du PIB consacré aux retraites (aujourd'hui 14 %) alors que le nombre de retraités est appelé à augmenter, passer d'un régime solidaire à un régime du « chacun pour soi », par points (donc au montant aléatoire), ouvrir le marché de la retraite aux assurances privées et contourner les organisations syndicales dont il refuse les propositions d'amélioration du système et de financement.

Dans la même veine, il a annoncé qu'il se refusait à toute augmentation du « coût du travail », donnant raison au Medef qui ne veut entendre parler ni d'augmentation de salaire réel ni d'augmentation du salaire différé c'est-à-dire de cotisations sociales.

Au-delà du soutien à la grève, développer la lutte

Si les grévistes se montrent tout aussi déterminés à faire échec à ce projet de retraite et de société, le soutien manifesté par ceux qui ne sont pas en grève ne se dément pas. Mais, de toute évidence, il n'est pas encore suffisant pour contraindre le gouvernement à retirer son projet. L'un des enjeux aujourd'hui pour l'intersyndicale est de donc de favoriser l'implication du plus grand nombre dans la lutte, en tenant compte de la diversité des situations de travail, dans une société où la précarité s'est développée.

De ce point de vue, l'interprofessionnel et les organisations territoriales ont de fait un grand jour à jouer pour débattre avec les salariés, comme ceux qui ont été ubérisés ou sont privés d'emploi, leur permettre d'inventer leurs modes de participation à la mobilisation.

Un grand rendez-vous le 24 janvier

L'intersyndicale appelle notamment à amplifier la mobilisation d'ici le 24 janvier prochain, le jour où le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres. Elle appelle notamment « à réunir des assemblées générales pour continuer et amplifier encore la mobilisation afin d'obtenir le retrait de ce projet et l'ouverture de véritables négociations sur la base de nos propositions », et à faire de ce vendredi-là une grande journée interprofessionnelle de grève et d'initiatives.

Source nvo : https://nvo.fr/determination-face-au-mepris-gouvernemental-pour-le-6e-jour-de-mobilisation-contre-la-reforme-des-retraites/